Au cours des siècles derniers, le monde a oscillé entre mondialisation et démondialisation de la finance avec, pour conséquence, des résultats radicalement différents.

Un historique à long terme nous montre que le système actuel de liberté relative dont jouissent les flux financiers pour dépasser les frontières sans aucune règlementation constitue davantage une anomalie de l’histoire qu’une situation normale.

La libéralisation des flux financiers internationaux devrait être considérée comme une intervention rare et significative, dans la mesure où la finance s’est toujours développée à l’échelle nationale, de manière règlementée. Après l’effondrement du système financier, en 2008, le rôle des flux de capitaux internationaux, qui peuvent avoir des conséquences aussi bien positives que potentiellement dévastatrices, a été à nouveau remis en question. Les pays qui redoutaient le plus la crise étaient ceux qui pratiquaient le plus grand nombre de politiques de dérèglementation et de libéralisation en faveur des entrées de capitaux. Le présent rapport explique les inconvé-nients, notamment en termes de développement, des politiques de dérèglementation des mouvements de capitaux internationaux, et apporte des suggestions pour une nouvelle approche pragmatique de la règlementation des flux financiers, afin de garantir stabilité et développement.

Les pays en développement et développés bénéficieraient de l’adoption d’approches pragmatiques de la politique macroéconomique et des flux financiers internationaux, de même que la stabilité en serait augmentée.

Ce rapport a montré que la taille et la volatilité des flux s’étaient multipliées. Il a également détaillé les risques massifs que représentent ces derniers pour les pays, lorsqu’ils prennent la forme de crises financières, et expliqué les impacts économiques et sociaux de ces dernières.

Il existe des instruments éprouvés pouvant servir à la gestion du compte de capital. Les pays ont besoin d’un espace pour mettre en œuvre ces règlementations, y compris pour aider à prévenir la fraude, ainsi que pour ajuster ces dernières de sorte à répondre à leurs besoins et promouvoir les objectifs nationaux en termes de développement. Cependant, des entraves et des obstacles politiques doivent être surmontés. Ces barrières ne se lèveront pas d’elles-mêmes, étant donné les intérêts en jeu. Les citoyens doivent exiger de leurs gouvernements qu’ils prennent des mesures. Les organisations de la société civile et les mouvements sociaux constituent des moyens de pression essentiels pour entrevoir le changement politique. Les acteurs responsables du secteur financier doivent également s’organiser pour appuyer cet agenda. Les politiques doivent reconnaître que leur futur dépend des mesures qu’ils prennent pour prévenir les crises.

Le rapport du Bretton Woods Project est disponible en format PDF